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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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27 septembre 2025

Nul ennemi comme un frère, roman noir de Frédéric Paulin

En 1966, dans le programme de mes études, j’avais choisi de suivre un cours en option portant sur les crises du Proche Orient. L’histoire mouvementée du Liban et de ses relations ancestrales avec la France m’avait fascinée. Et étonnée avec sa Constitution instaurant un système multiconfessionnel où tous les sièges du parlement sont réservés en fonction des confessions et des régions. Tellement loin de mes convictions laïques !

Ce roman, à travers les destins croisés de plusieurs personnages imaginaires, « antihéros en prise avec la violence, essayant de faire face à leurs failles personnelles », nous entraîne au cœur d’une époque jalonnée de conflits et d’attentats, de violences tribalisées, avec ses répercussions tragiques en France et dans le monde.

Pas de césures par chapitres mais un long récit que le lecteur ne peut lâcher, une analyse lucide des errements de la politique française, vues depuis la gauche comme de la droite alternativement au pouvoir.

Mais surtout, la description – à la manière d’un entomologiste – des multiples composantes du peuple libanais, l’engrenage de l’envahissement par ses voisins – la Syrie, Israël, les Palestiniens – puis des puissances qui se veulent protectrices d’un camp ou d’un autre - Etats-Unis, France, Iran - les réflexes de vengeance d’un clan sur l’autre, les haines religieuses inextinguibles, le refus du Liban de se voir submergé par des réfugiés devenus fauteurs de troubles.

Chrétiens maronites, musulmans sunnites et chiites, Druzes, eux-mêmes tous divisés en factions adverses, en conflit permanent depuis des siècles et surtout depuis la création en 1949 de l’Etat d’Israël.

Comme le rappelle à Edouard, son fils aîné, Nissim Nada, le patriarche d’une des plus influentes familles chrétiennes : « Israël a été bâti sur le territoire de la Palestine et pour ce faire, une population arabe a été contrainte à l’exil par les armes. La Nakba est impardonnable pour la conscience arabe, n’oublie jamais ça. »

La période décrite dans ce livre court de 1975 à 1983 et se termine par l’attaque massive du poste des forces françaises à Beyrouth, le Drakkar, qui a causé plus de 300 morts.

Je me souviens très clairement des événements violents : les assassinats de dirigeants, les massacres de civils, les opérations de nettoyage ethnique, les attentats-suicides perpétrés par de jeunes martyrs endoctrinés, plus tard les prises d’otages.

L’ouvrage est le premier tome d’une trilogie qui m’a occasionné quelques cauchemars. Je ne sais pas si j’aurai le courage de lire la suite et cependant, j’y ai appris énormément de choses et, en particulier, comment est né le Hezbollah.

Et aussi les magouilles politico-financières qui - est-ce un hasard ? – mettent en cause, comme le récent roman de Michel Bussi, les décisions des équipes successivement au pouvoir à l’Elysée.

Et après de telles lectures, comment s’étonner que les électeurs ne fassent plus confiance à leurs dirigeants ?

 

Nul ennemi comme un frère, roman de guerre par Frédéric Paulin, éditions Folio policier, 537 p., 10€.

 

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