Serais-je capable de réussir le Bac de français en 2026 ?
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Apolline sera confrontée à cette épreuve l’année prochaine à pareille époque. Je me suis demandée quels étaient les textes à étudier dans la perspective de passer cet examen dont voici le programme :
- La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire / parcours : « Défendre » et « entretenir » la liberté.
Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes / parcours : le goût de la science.
Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne (en incluant les éléments de la seconde édition augmentée de 1752 suivants : l'introduction historique aux Lettres Péruviennes et les Lettres XXVIII, XXIX, XXX et XXXIV) / parcours : « un nouvel univers s’est offert à mes yeux ».
- Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle
Pierre Corneille, Le Menteur / parcours : mensonge et comédie.
Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour / parcours : les jeux du cœur et de la parole.
Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non / parcours : théâtre et dispute.
- La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle
Rimbaud, Cahier de Douai (aussi connu sous les titres Cahiers de Douai, Recueil Demeny ou Recueil de Douai), 22 poèmes, de « Première soirée » à « Ma Bohème (Fantaisie) » / parcours : émancipations créatrices.
Ponge, La rage de l’expression / parcours : dans l’atelier du poète.
Hélène Dorion, Mes forêts / parcours : la poésie, la nature, l’intime.
- Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Abbé Prévost, Manon Lescaut / parcours : personnages en marge, plaisirs du romanesque.
Balzac, La Peau de chagrin / parcours : les romans de l'énergie : création et destruction.
Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne / parcours : la célébration du monde.
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J’avoue aussitôt ma très grande perplexité : que peut cette sélection d’œuvres signifier pour des jeunes français de 17 ans, gavés de vidéos sur Tik-Tok et de séries américaines ?
Dans ce florilège censé représenter la fine fleur de la littérature et donc de la culture française, je n’ai lu – et encore tout récemment – que deux auteurs et en particulier La peau de chagrin de Balzac et plusieurs romans de Colette.
De certains auteurs – Musset, Sarraute, Ponge, Prévost - je n’ai jamais lu une ligne. Quant à Lettres d’une Péruvienne, jamais entendu parler (roman épistolaire pré-féministe qui connût un grand succès au XVIIIème siècle)
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J’ai donc entrepris de me documenter et j’ai commencé par Corneille, l'auteur dont je me sens la plus proche. J’avoue ma totale ignorance de cette comédie qui rencontra un très vif succès en 1642 : Le menteur. J’en avais le texte intégral sous la main, et j’ai aussi visionné sur INA Madelen l’adaptation diffusée en 1956, avec les acteurs de la Comédie Française : Bernard Dhéran, Robert Manuel, Georges Descrières, Gisèle Casadessus … Le théâtre classique qui, finalement, divertit toujours …
Quel choc ! comment des jeunes de ce siècle peuvent-ils avoir le courage d’entrer dans ce texte en alexandrins … Et pourtant, je perçois aujourd’hui combien cette œuvre à la fois classique et baroque nous fait comprendre combien il était nécessaire de faire rire en cette époque troublée du règne de Louis XIII, l’année de l’exécution de Cinq-Mars, le favori du roi, avec la longue guerre en Allemagne à laquelle le héros fait allusion …
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Pour ma part, je n’avais conservé de Corneille que le sérieux de ses tragédies, mais je sais aussi qu’il a collaboré avec Molière qu’il rencontre en 1643 … Tout s’explique !
Ils auront bien du courage, Apolline comme ses condisciples, à se plonger dans cette forêt vierge de textes aussi complexes que nécessitant un décodage éclairé ... ou les ressources de l'IA ?
En attendant, je me suis commandé plusieurs de ces titres pour les lire et en discuter avec elle ! Et j'ai aussi lu La suite du menteur, comédie publiée en 1645, tout à fait étonnante ... mais qui rencontra moins de succès.