Le chant des innocents, polar de Piergiorgio Pulixi
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Lorsque je découvre une série de polars comportant, comme souvent, un héros attachant, j’ai souvent tendance non seulement à continuer à lire les épisodes au fur et à mesure de leur parution, mais aussi à me procurer le premier opus de la série, afin de mieux cerner la personnalité et les origines dudit héros.
C’est ce que je viens de faire en lisant le premier volume de la série des enquêtes du commissaire Vito Strega. Une histoire particulièrement sanglante et qui donne des clés élémentaires pour comprendre la suite du cycle qui en est aujourd’hui au cinquième épisode, mais ne met pas en scène ici ni les policières Eva et Mara, ni les paysages de Sardaigne.
Mais une plongée dans les ténèbres absolues : une série de crimes perpétrés par des adolescents, des assassinats d’une violence inouïe, dont les auteurs ne cherchent nullement à se cacher : des coups de couteaux, des battes de baseball, des fusillades dans une galerie commerciale, des aspersions à l’acide … La police ne trouve aucun lien, ni entre les victimes, ni entre leurs auteurs, tous des enfants solitaires nourris de jeux vidéo comme la plupart des adolescents de notre temps.
Le commissaire Strega est pour l’heure sur la touche : suspendu après avoir causé la mort d’un de ses collègues, il est astreint à une évaluation psychologique, à laquelle il se plie avec une grande réticence. En réalité, il ne parvient pas à surmonter la rupture avec son épouse, qui ne supportait plus la place prépondérante que tient son métier dans sa vie.
Après chaque nouveau crime, Strega se sent responsable de ne pas comprendre ce qui relie ces meurtres insensés, et le fait qu’il soit suspendu de ses fonctions ne l’aide pas. Et, au passage, le lecteur commence aussi à décoder certains des ressorts du marasme psychologique de ce colosse, ancien militaire, fils d’un amiral et d’une chanteuse de jazz, diplômé de criminologie et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet … Si lui, le surdoué, ne parvient pas à stopper cette épidémie de meurtres d’adolescents, qui d’autre ?
Un polar haletant, des personnages féminins complexes, une intrigue qui laisse en suspens quelques interrogations …
Le chant des innocents – polar de Piergiorgio Pulixi, traduit de l’italien par Anatole Pons-Rumaux, chez Totem (collection poche de Gallmeister) 334 p., 10,90€