Mourir en juin, polar d'Alan Parks
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Sixième tranche de vie de l’inspecteur-chef Harry Mc Coy, une année - nous sommes au printemps 1975 - après la précédente enquête durant laquelle il se relevait avec peine d’un ulcère à l’estomac.
Cette fois, il est « muté » avec son jeune collègue Watson dans un nouveau commissariat par son patron et mentor Murray, avec pour mission absolument secrète, d’enquêter sur un soupçon de corruption…
Il retrouve tout de suite la sempiternelle lutte de territoire entre les deux principaux chefs de gangs, Stevie Cooper et Archie Andrews qui règnent à coup de destructions de pubs et de combats de rue à l'arme blanche. Qui va l’emporter ? D’autant que Mc Coy connait bien l’un des protagonistes, Cooper, son ami d’enfance, celui qui l’a protégé alors qu’ils vivaient tous deux en foyers d’enfants à la dérive.
Ce qui le préoccupe immédiatement, c’est une série de meurtres de sans-abris, tous des hommes d’une cinquantaine d’années, rongés par l’alcoolisme, qui vont et viennent entre une soupe populaire distribuée par une congrégation ou l’Armée du salut, fréquentent des squats infestés de vermine et, dans le meilleur des cas, un foyer d’accueil pour SDF. Qui peut en vouloir à ces êtres qui n‘ont plus rien, au point de les empoisonner avec une gnole frelatée et pourquoi ?
Cet épisode nous plonge dans la partie la plus sombre de Glasgow, parmi ces policiers particulièrement alcoolisés eux aussi, et parfois soumis à des tentations irrépressibles. Racket, intimidations, trafics ne sont pas uniquement l’apanage des gangs. La partie est difficile pour Mc Coy puisque nous savons, depuis l’épisode précédent, que son père est lui aussi tombé dans la misère et complètement addict à l’alcool. A chaque découverte de cadavre, il craint de découvrir son père …
Lui-même passe beaucoup de temps dans les multiples établissements de la ville, et pas seulement pour ses enquêtes. Tout est bon pour consommer une pinte de bière accompagnée d’un verre de Whisky.
Un nouvel éclairage de la vie mouvementée de ce jeune anti-héros bourrelés de principes et lourd d’une expérience des bas-fonds de la grande ville écossaise, et qui découvre les dessous de certaines fortunes locales. Une histoire qui remonte aussi à des forfaits anciens, générant des vengeances mortelles.
Mourir en juin – To Die In Jun – polar traduit de l’anglais par Olivier Deparis. Edité chez Rivages/Noir, 365 p., 22€